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Association québécoise de la garde scolaire (AQGS)

Mission
de l'AQGS

L’AQGS soutient le développement des services de garde en milieu scolaire du Québec en faisant la promotion de leur rôle complémentaire à la mission de l’école, en représentant leurs intérêts collectifs et en favorisant le développement des compétences de leur personnel.


Faire reconnaitre la contribution significative des services de garde scolaires au développement des jeunes et à leur réussite éducative

Entrevue avec Diane Miron, directrice générale de l’Association québécoise de la garde scolaire

« J’ai toujours pensé qu’il fallait offrir à nos enfants un milieu de vie qui leur permette de donner le meilleur d’eux-mêmes. L’éducation, c’est l’affaire de tous, qu’il s’agisse des parents ou de l’ensemble des intervenants qui gravitent autour des enfants. La garde scolaire en fait partie, et sa qualité est aussi importante que celle de l’enseignement. » C’est par ces mots que Diane Miron, directrice générale de l’Association québécoise de la garde scolaire, nous a répondu lorsque nous lui avons demandé ce qui l’animait dans son métier.

Diane Miron connait très bien le milieu de l’éducation. Elle y travaille depuis de nombreuses années. Avant de devenir directrice générale de l’AQGS en 2018, elle a siégé au conseil d’administration de l’organisation dès 2006 et en est devenue la présidente en 2009. Parmi les différentes fonctions qu’elle a occupées, elle a notamment dirigé la Fédération des comités de parents du Québec pendant 5 ans.

En quelques mots, pouvez-vous nous présenter votre organisation?

L’Association québécoise de la garde scolaire (AQGS) a été créée en 1985 pour soutenir l’implantation des services de garde dans les écoles. Il n’existait alors aucun encadrement. Il n’y avait pas de critères en ce qui a trait aux ratios dans les groupes d’enfants ou à l’embauche du personnel.

L’implantation des services de garde, bien que souhaitée par de nombreux parents, n’a pas toujours été facile au début. C’était un service dont le coût assez élevé variait d’un établissement à l’autre, et qui prenait place dans une structure déjà bien établie. Avec la réforme de l’éducation en 1997-1998 et la nouvelle Politique familiale, le tarif a été harmonisé à 5$. Lorsque la maternelle temps plein a été généralisée, la fréquentation de la garde scolaire a littéralement explosé et l’AQGS a joué un rôle important pour assurer la qualité des services offerts aux élèves.

Comment décririez-vous la nature de votre action aujourd’hui?

Nous mettons à la disposition des services de garde scolaires des outils et des formations. Nous organisons des activités de mobilisation, comme la Semaine des services de garde en mai, et la remise du « Prix Reconnaissance AQGS » qui souligne l’implication d’une éducatrice ou d’un technicien en service de garde. Nous menons aussi des activités de représentation pour faire reconnaitre le caractère éducatif des services de garde et faciliter leur intégration au sein des écoles. Enfin, nous prenons place dans différents comités.

L’Association cherche à faire valoir qu’un service de garde scolaire, c’est bien plus qu’un outil facilitant la conciliation famille-travail,  c’est un service éducatif à l’élève pleinement intégré à la mission de l’école!

Au fil des ans, il y a eu des avancées. Depuis la réforme de l’Éducation en 1998, nous bénéficions d’une meilleure reconnaissance. Malgré cela, on sent encore une réticence à reconnaitre les services de garde comme étant un acteur important dans la réussite éducative des enfants. Ils sont encore perçus comme à part dans certaines écoles. Il reste beaucoup à faire et cela passe, entre autres, par une pleine reconnaissance de leur contribution au développement du plein potentiel des élèves.

Quelles sont les actions dont vous êtes le plus fière?

La Loi sur l’instruction encadre de façon très minimale les services de garde en milieu scolaire. Grâce à nos nombreuses revendications, le ministère de l’Éducation a mis sur pied au printemps dernier un comité pour revoir l’ensemble des encadrements réglementaires les concernant, notamment le Règlement sur les services de garde en milieu scolaire qui date de 1998. Nous espérons que leur mise à jour permettra de définir les conditions gagnantes à mettre en place pour améliorer la qualité de nos services.

Comme organisation, nous sommes fiers d’être LA référence en garde scolaire grâce à nos compétences et à notre expertise. Nous avons développé plusieurs outils pour soutenir l’intervention du personnel éducateur, comme un code d’éthique utilisé par des enseignants en technique d’éducation à l’enfance. C’est une grande fierté pour nous.

Depuis quelques années, nous travaillons sur notre positionnement stratégique. Nous avons développé notre vision de la garde scolaire du futur et nous souhaitons maintenant la partager avec le plus grand nombre de partenaires. Pour l’Association, un service de garde scolaire de qualité, c’est un service éducatif à part entière, doté d’un cadre de référence, dont le personnel contribue à l’ensemble des activités de l’école et bénéficie d’un environnement professionnel stimulant et enrichissant. Tous ces éléments feront en sorte que le personnel éducateur bénéficiera d’une plus grande reconnaissance.

Notre expertise est déjà reconnue. Au cours de 5 dernières années, le ministère de la Santé et des Services sociaux et le ministère de l’Éducation nous ont confié des mandats en lien avec les saines habitudes de vie ainsi qu’un projet pilote appelé Écollation visant la distribution de collations de fruits et de légumes frais aux élèves dans certaines écoles de milieux défavorisés ainsi que le développement de compétences alimentaires.

Un projet, pour lequel nous affichons une grande fierté, est celui visant le développement d’un programme éducatif adapté à l’ensemble des services de garde. Actuellement, aucun programme formel ne vient définir ou encadrer la qualité des services de garde en milieu scolaire. Grâce au soutien financier de la Fondation Lucie et André Chagnon nous pouvons aller de l’avant avec ce projet.

Son application dans l’ensemble des services de garde permettra d’établir une vision commune des conditions favorables à la création d’un environnement éducatif de qualité. Ce sera une grande avancée pour la garde scolaire ! Le cadre de référence devrait être disponible sous peu.

Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face?

L’AQGS fait face à de gros défis de financement. Nous ne bénéficions pas de financement de base, donc nous dépendons de l’adhésion de nos membres. Actuellement, moins de 30 % des services de garde sont membres de notre organisation. La décision d’adhérer ou non à l’Association est une décision qui relève trop souvent d’une perception basée sur la valeur accordée au service rendu plutôt que sur l’importance de « soutenir une cause ». Les services de garde sont sous la responsabilité de la direction de l’école qui gère le budget et qui est amené à faire des choix. Ce revenu ne nous est donc pas assuré d’une année à l’autre. Nous sommes toujours à la recherche de financement et nous devons nous ajuster en fonction des budgets que nous avons. Nous faisons des représentations pour être reconnus par le ministère. Cela nous permettrait de développer davantage de services et d’assurer une stabilité en termes de personnel à l’interne.

Un autre défi majeur pour l’AQGS est la recherche d’un statut formel de partenaire du ministère de l’Éducation. Seul organisme qui représente la garde scolaire, nous devons continuellement fournir des efforts afin d’être dans la boucle d’information et de pouvoir faire valoir les préoccupations du milieu.

Les services de garde scolaires et leur personnel rencontrent, eux aussi, plusieurs défis. Les postes, souvent à temps partiel et avec des horaires morcelés, rendent la profession peu attractive. Les services de garde font face à une pénurie de la main d’œuvre exacerbée par la pandémie. À l’automne 2020, cherchant des solutions à la pénurie de main-d’œuvre qui affecte de façon générale l’ensemble du réseau scolaire, l’AQGS et la Fédération québécoise des directions d’établissement (FQDE) ont développé et présenté au ministre de l’Éducation un projet commun visant l’optimisation de la tâche du personnel éducateur, suscitant une réaction très positive. À la suite d’un sondage réalisé auprès du personnel éducateur, la quasi-totalité des répondants, soit 91 %, s’est dit favorable à ce qu’on lui confie un rôle élargi qui l’amènerait à intervenir en soutien à une variété d’activités éducatives dans l’école.

L’Association accorde beaucoup d’importance à la formation du personnel, facteur important de la qualité des interventions auprès des élèves. Nous militons pour que la formation continue soit soutenue et encouragée par les centres de services scolaires. Aussi, nous souhaitons une bonification de la formation initiale. On demande actuellement aux éducateurs et aux éducatrices d’avoir un diplôme de secondaire 5 ainsi qu’une attestation d’étude professionnelle de 350 h avec une cinquantaine d’heures passées en stages. Nous souhaitons, idéalement, que l’ensemble du personnel éducateur ait le niveau d’une technique d’éducation à l’enfance.

Quel a été l’impact de la crise sanitaire sur votre milieu?

Au début de la pandémie, seuls les services de garde étaient ouverts. La crise sanitaire a permis de réaliser qu’il s’agissait d’un service essentiel pour les parents et la société. Elle a aussi mis en évidence le problème de la pénurie de la main d’œuvre qui s’est d’ailleurs amplifié. Par conséquent, on a dû faire appel à des personnes non qualifiées.

La crise sanitaire a sérieusement compromis la capacité des services de garde à atteindre leurs objectifs éducatifs. La gestion des mesures sanitaires et des « bulles » ont fait en sorte que beaucoup d’occupationnel et de surveillance ont remplacé les activités éducatives.

Comme effet positif, nous avons pu constater un certain rapprochement entre le personnel de la garde scolaire et les autres membres de l’équipe école. Un premier pas vers leur intégration à l’école.

Que peut-on souhaiter à votre organisation pour l’avenir?

Je souhaite que l’Association maintienne l’énergie qui l’habite depuis toujours à soutenir, représenter et mobiliser le personnel en garde scolaire vers une meilleure reconnaissance de la garde scolaire comme un des acteurs clés du développement du plein potentiel de nos garçons et de nos filles qui fréquentent le service de garde de leur école.

 


Entrevue menée en octobre 2021


Notre soutien
à l'AQGS

La Fondation Chagnon apporte son soutien à l’AQGS depuis 2018. L’objet de notre soutien réside principalement dans l’élaboration d’un programme éducatif et dans sa diffusion dans les services de garde scolaire. L’intention de l’AQGS étant, par la suite, d’offrir la formation et les outils nécessaires à l’implantation, et la mise à l’essai du programme dans près de 300 services de garde. De plus, notre soutien a pour objectif de permettre à l’AQGS de rassembler l'ensemble des acteurs du système scolaire autour de l’amélioration de la qualité et de la reconnaissance des services de garde.

Quelques faits saillants

  • Date de création de l'AQGS 1985
  • Nombre de membres 645
  • Nombre d'enfants fréquentant annuellement les services de garde scolaire 360 000
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